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Propos croquis et notes au sujet de l'évolution d'un village de Provence depuis les années 70 jusqu'à aujourd'hui. Atelier téâthral de Provence (ATLP) ou comment former de jeunes chanteurs et comédiens et favoriser une véritable insertion professionnelle au travers de spectacles, mêlant artistes confirmés et artistes débutants en ignorant volontairement les barrières jetées artificiellement entre les différents genres musicaux.

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GRAND AVIGNON :VELLERON, A.T.L.P.

Lorsqu’en 1983 J’intégrais la toute nouvelle Ecole Départementale de Vaucluse dont le bâtiment s’élevait fièrement au beau milieu de terres agricoles, situées sur la commune de Le THOR en Vaucluse, je ne croyais qu’à peine à la merveilleuse chance qui s’offrait à moi. Toute jeune professeur de chant, j’étais passionnée par le fait de permettre à des jeunes (et parfois à des moins jeunes ) de découvrir leur voix et par-là, même leur voie… Cette école construite sur des terrains offerts par un particulier qui y avait mis pour condition qu’il y soit édifié un ensemble culturel. A cette époque un instituteur, musicien, avait créé une petite école de musique dans cette commune essentiellement rurale : Le Thor. Jusque là, apparemment, rien de transcendant si ce n’est que cet enseignant avait (et a toujours) une passion : l’accordéon ! Mais pas seulement le musette : il avait découvert d’extraordinaires musiciens russes qui interprétaient avec brio de grands classiques de la musique sur cet instrument dont les ressources étaient alors loin d’être exploitées en France. Des compositeurs se penchaient sur les sonorités inexploitées de l’instrument. Jacques Mornet ( c’est le nom de notre instituteur musicien) se tourna résolument vers cette modernité et  les perspectives nouvelles qui s’ouvraient pour les amoureux de ce « piano à bretelles » Pédagogue hors pair, musicien accomplit, Jacques Mornet n’allait pas tarder à former des élèves capables d’affronter les accordéonistes sortis de ces écoles russes qui forment des artistes de haut niveau. Des concours internationaux, des prix prestigieux remportés et la petite école du Thor commença à faire parler d’elle. Cela tombait bien : Le Conseil Général de  Vaucluse dont le Président était alors Jean Garcin, avait décidé de construire une école départementale de musique sur les terrains offerts de Le Thor. Cette école offrirait un enseignement pédagogique tout à la fois innovant et performant. Elle serait ouvertes aux jeunes comme à ceux qui, faute de structures adaptées n’avaient pu dans leur jeunesse avoir accès à la musique. Il ne faut pas perdre de vue qu’aux débuts de ces années 80 les villages du Vaucluse étaient encore, pour la plupart, essentiellement agricoles et que les jeunes à part les heures passées à l’école  employaient leur temps   plus à monter sur un tracteur que  pour se  rendre dans une des rares petites école de musique du département pour y faire des gammes… Tout naturellement la direction de cette nouvelle école (dans tous les sens du terme) fut confiée à Jacques Mornet ; Son sens pédagogique, son approche de la musique, tout en étant exigeant, offrant un enseignement de qualité et performant, permettait d’offrir à tout à chacun une véritable démocratisation de la musique. Des tarifs très abordables grâce aux subventions du Conseil Général et à l’acceptation, par l’ensemble des professeurs, de salaires modestes,  ce qui n’enlevait rien ni à la compétence des enseignants ni à leur investissement pédagogique. Peu avant que l’école n’ouvre, Jacques Mornet, qui avait entendu parler de moi, favorablement, en ce qui concernait les résultats que j’avais avec mes élèves, me convoqua. Notre conception sur la façon de transmettre nos acquis musicaux se rejoignait. Il me proposa de créer une classe de chant et d’Art Lyrique. J’étais sur un petit nuage…Je devais préparer, comme les autres professeurs pressentis, une présentation qui donnerait un aperçu de ce que seraient ces nouvelles disciplines. Je montais donc un mini spectacle musical ( vingt minutes) qui devait être présenté, avec les interventions des autres professeurs, lors de la soirée inaugurale de la salle de l’Auditorium Jean Moulin qui avait été édifiée au cœur de l’Ecole Départementale de Musique de Vaucluse et dont la direction était confiée à un homme de théâtre capable de faire découvrir, en offrant une programmation de qualité, éclectique, et de remplir une salle de spectacle de 600 places, située en pleine campagne ! Cet homme de théâtre, qui prouve depuis de nombreuses années sa compétence en la matière, c’était Raymond Duffaut alors directeur général de l’opéra théâtre d’Avignon et directeur des Chorégies d’Orange ( ce qu’il est toujours) La fréquentation de l’auditorium, au fil des années, fut la preuve du bien fondé du choix de son directeur…

Pour en revenir à mon mini- spectacle musical je voulais tout de suite affirmer ma volonté de faire travailler non seulement le chant lyrique mais aussi la chanson ( ce qui n’était alors pas à la mode ). En conséquence mon choix se fit autour d’une mise en scène autour de quelques chansons signées Prévert/Kosma et le spectacle se terminait sur un extrait de «La Périchole  » de Jacques Offenbach. Le succès fut immédiat : les inscriptions furent si nombreuses qu’il me fallut faire des auditions préalables à l’inscription et que je créais un ensemble vocal destiné à faire travailler collectivement des débutants jusqu’à ce qu’ils atteignent un certain niveau qui leur permettait alors d’accéder aux cours individuels. Les mois, les années se succédèrent…Mes élèves remportaient des concours dans lesquels ils côtoyaient des chanteurs issus non seulement de diverses écoles de Musique mais également du Conservatoire Supérieur de Musique de Paris. Je pense que l’un des plus grands atouts de mes classes de chant et d’Art Lyrique résidèrent dans le fait que, d’une part, Jacques Mornet me fit une totale confiance en me permettant d’enseigner de la façon qui me semblait la plus apte à former un chanteur et ce, quel que soit le style qui choisissait, et d’autre part, la possibilité que me donna Raymond Duffaut de faire répéter et produire mes élèves dans l’auditorium, devant un vrai public.  De plus ce fut Raymond Duffaut qui, appréciant ma façon de conduire mes classes, me présenta à Inge Theiss, alors directrice de la musique au ministère de la Culture. Inge Theiss contribua à rénover l’enseignement du chant en France qui s’enlisait dans un conservatisme dépourvu de toute créativité. Après cette entrevue et l’audition de quelques-uns uns de mes élèves, madame Theis me proposa de participer aux stages destinés à la formation continue des professeurs de chant. J’acceptais avec joie et, pendant deux ans, sur invitation du ministère de la Culture, je suivis les stages de Richard Miller, Jacqueline Bonnardot, tous deux éminent professeurs de chant. Je continuais à me perfectionner pour en faire profiter mes élèves au maximum. J’ai, grâce à ces master’sclasses données par des professeurs internationalement reconnus, pu peaufiner ma façon d’enseigner et su diriger avec succès les apprentis chanteurs qui me confiaient leur devenir. Cet approfondissement de la technique vocale me conduisit à travailler en collaboration avec des orthophonistes, des médecins phoniatres, dont le docteur Heuillet-Martin  qui travaillait dans les hôpitaux de Marseille et de Montpellier et me confia des rééducations vocales  tout en contrôlant scrupuleusement ma connaissance  de la méthode qui s'appuie sur les apports théoriques et méthodologiques qui sont développés scrupuleusement dans les ouvrages suivants : « Une voix pour tous » de Geneviève Heuillet-Martin (médecin ORL, spécialisée en phoniatrie, médecin agréé par la DDASS auprès de l’inspection Académique dans le cadre de la prévention des troubles de la voix), Hélène Garson-Bavard (orthophoniste) et Anne Legre (orthophoniste), « L’équilibre et le rayonnement de la voix » de Amy de la Bretèque (Docteur Phoniatre Attaché des Hôpitaux Montpellier- Marseille),« Une voix libérée » de Yva Barthélemy (ancienne chanteuse), (Yva Barthélémy me félicita, à l’issue d’un concours de chant à Paris après y avoir entendu une de mes élèves, qui y remporta un deuxième prix : Paloma Pélissier)  « L’odyssée de la voix » de Jean Abitbol (ancien chef de clinique à la faculté de médecine de Paris, oto-rhino-laryngologiste, phoniatre et chirurgien), « La structure de chant » de Richard Miller (chanteur, internationalement réputé comme interprète, pédagogue, chercheur, auteur et éditeur). L’enseignement consiste à prendre conscience comment et où naît le son, à comprendre des mécanismes vocaux, les principes généraux physiques et acoustique de voix.. 

 Extrait de mon livre à paraître prochainement « L’A.T.L.P. une Aventure humaine et artistique  ( tous droits réservés)

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